12 mai 2009
Chemin de perfection
Dire ce que la perfection n’est pas est une chose. Il nous faut maintenant essayer de dire ce qu’elle est, sur quel chemin elle nous conduit. La perfection qui n’est plus un mirage inaccessible, ouvre la possibilité d’embrasser la vie et l’humanité telles qu’elles sont, telles qu’elles se donnent à nous et c’est une autre aventure aux mille perspectives.
Deux figures reviennent pour parler de la perfection : le fruit et le chemin. On entre dans une vision positive de la vie qui donne envie, envie de commencer, de risquer, d’oser, d’œuvrer, qui donne envie de réaliser, d’accomplir, de suivre enfin nos désirs, nos intuitions, d’accrocher notre volonté à notre désir et non le contraire. On nous a trop raconté que la perfection était de ne pas faire, de ne pas s’écouter, de ne pas jouir … Dans quel étau finit une telle vie ! Quel rétrécissement, quel assèchement de l’Evangile ! On nous a trop dit que la perfection était l’absence de péché alors qu’elle n’en est que l’humble reconnaissance, reconnaissance des imperfections pour nous remettre en route, pour poursuivre l’œuvre en cours malgré tout, par delà toutes les péripéties.
La perfection est fruit, c’est dire que la perfection est de l’ordre de l’accomplissement, de ce qui est arrivé à terme tel un enfant, une œuvre et bien d’autres occupations qui rythment nos vies, des activités qui possèdent des germes, des graines, d’autres fruits en puissance. C’est entendre cette énergie créatrice, élan de vie, qui vient de l’intérieur et qui prend forme pour peu que nous sachions y mettre les formes, prendre patience, se mettre à l’ouvrage, c’est dire aussi la grâce qui s’y révèle.
Que reste-t-il donc à parfaire ? Notre courbure. Je veux dire la courbure de l’homme vers …, vers l’autre, vers le prochain, une courbure qui n’est pas simplement un penchant. Une courbure arquée par l’amour seul. Tension des cieux pour une tension inverse en direction de la terre, pour renforcer l’énergie de nos flèches trempées dans une préparation chrismale de tendresse et d’affection, tension du regard sur … et de l’égard pour …, tension de la corde vitale sous la poigne du Christ pour dynamiser la vie d’ici-bas. Se laisser bander par le Christ, tendre les fibres du corps et du cœur pour atteindre la cible du tout proche.
Que reste-t-il donc à parfaire ? Notre capacité à se réunir en son Nom– non pour éviter le lot commun de toute humanité : la rame dans le monde- mais pour ramer ensemble, non sous les ordres d’un général et de ses capos qui donneraient le tempo et la direction mais pour ramer en frères, pour soigner, accompagner, soulager, partager, pour ne pas quitter le navire croyant en une vie autre, allégée du poids du monde, des autres, dégagée de tout brouillard sur l’horizon, libérée de toute galère … Même s’il est vrai que dans ce lot commun inhérent à l’homme demeurent trop de fardeaux que l’on pourrait s’épargner, jeter par-dessus bord, tant de fardeaux qui nous sont liés sur les épaules par transmissions abusives, par mécanismes à dévoiler et enrayer.
Que reste-t-il donc à parfaire ? L’amour. L’amour dans un monde en mal d’amour. Vaste programme à la charge de chacun mais à la charge légère et joyeuse.
10 mai 2009
Sclérose ...
Le risque, on le comprend, est un risque de confusion, de sclérose, et c’est ce qui se produit. A l’époque de Jésus, les pharisiens étaient les représentants de ceux qui ont mélangé les esprits. Ils ont transformé et figé cette vision hautement symbolique du monde et de la vie humaine en axe morale, en axe de vie. Et quand ces notions de pur et d’impur se figent dans l’ordre religieux, social ou individuel, la vie devient intenable : ce qui était de l’ordre du fonctionnement symbolique devient un fonctionnement juridique aux règles impitoyables, aux condamnations infernales avec toujours plus de juges pour imposer de nouvelles règles, pour mieux juger sans doute …
Et l’on finit par croire et enseigner, proclamer, que le monde est ainsi, que suivre ces observances à la lettre est gage de salut, objet de mérites et de gloire … Et l’on finit par haïr ce qui est classifié dans le champ de l’impur, haïr celui ou celle qui tombe sous le coup de la loi, haïr la part de soi qui a failli, haïr sa propre personne.
Et l’on finit par croire que l’on peut rester sagement du côté de la pureté, se protégeant des souillures des autres et du monde maniant les cérémonies et les exclusions. C’est à cela que Jésus s’est coltiné, mais pas seulement, il a ouvert de nouvelles perspectives de salut.
09 mai 2009
Le pur et l'impur : une habitation du monde
Jésus n’a jamais remis en cause les rituels, les rites de purification, il n’a jamais renié les notions du pur et de l’impur. Ce sont des notions très anciennes, peut-être plus anciennes que les observances de l’Ancien Testament que nous connaissons. Le peuple hébreu, Israël, s’est constitué sur des terres, autour de cultures, qui étaient déjà marquées par cette vision du monde. Car cette division du monde entre le pur et l’impur est d’abord une vision du monde que l’on peut aujourd’hui critiquer, dénigrer … une vision qui porte à sourire, à ironie. Une vision qui est division binaire apparaît aujourd’hui trop simpliste. Mais les figures du pur et de l’impur ont permis à Israël de se construire, de traverser péripéties et tragédies de son histoire. Ce sont des figures qui permettent, comme d’autres, d’habiter le monde, de se situer entre terre et ciel, entre humanité et divinité, une manière de spatialiser et de temporaliser, de tempérer, l’existence humaine qui sera toujours une affaire complexe. Ainsi nous pouvons distinguer des terres, des lieux, des animaux, et des temps dans la vie humaine au rythme des naissances et de la mort, et au rythme de tout ce qui touche de près ou de loin à la vie et à la mort … et pourquoi pas.
C’est une manière comme une autre de tracer des limites, de donner du tempo à la vie qui se donne et qui nous dépasse toujours, de toute part, une vie en excès. Purification : poser du symbolique sur une vie qui n’en finit pas de déraper. C’est de la cuisine humaine et c’est bien ainsi… Mais il faut que cela reste de la cuisine ! Sans doute avant nous perdu un certain sens de cette manière d’envisager la vie ce qui ne veut pas dire que cela n’en a pas, n’en a pas eu et que nous ne le retrouverons pas.
08 mai 2009
La pureté, objet de perfection ?
Le drame est que nous avons la fâcheuse tendance à lier les notions de pureté et de perfection parce qu’elles sont nouées à la question religieuse. Mais peut-être faudrait-il les distinguer pour y voir un peu plus clair, pour éviter les amalgames qui font du religieux un chemin bien triste, mesquin, sans avenir. Faire de la pureté un chemin de perfection est un contresens pesant pour les êtres que nous sommes, et c’est pourtant un contresens que l’on enseigne encore aujourd’hui, un piège dans lequel nous tombons bien facilement, et dans lequel je suis évidemment tombé.
Croire que la pureté peut se faire chemin, boussole de vie, guide pratique du grand voyage, est une croyance, un miroir aux alouettes, qui peut tromper toute personne éprise de réussir sa vie, de vouloir s’améliorer, de devenir quelqu’un de bien, toute personne qui ne s’aime finalement pas assez … Croire que la pureté est gage de salut et de paix intérieure est une croyance que l’on nous fait miroiter et qui nous prend beaucoup d’énergie. Car quel chemin de labeur ! La pureté est même une notion que l’on applique à la société : à l’intérieur les purs, à l’extérieur ceux qui vivent dans la souillure. Nous n’avons plus alors qu’à qualifier et disqualifier le fonctionnement de notre monde : à pointer du doigt, discriminer, pourfendre, fustiger le péché et le pécheur … La pureté qui se donne comme objectif sur le plan social ou individuel est une catastrophe. Les exemples d’hier et d’aujourd’hui en sont de terribles illustrations. Les désirs de pureté et de purification finissent mal, toujours, pour soi et pour les autres.
La perfection n’est pas cette obstination à vouloir être à la ressemblance de telle ou telle image ; une image idéale de soi mais donnée, imposée, par je ne sais qui : une éducation, un milieu social, une Eglise … La vie n’est alors qu’un travail de conformité, d’imitation où tout se jouerait à force de volonté, de contraintes … Triste jeu de miroirs où la solitude vient prendre toute la place : plus d’autres qui viendraient me déloger de ce face à face mortifère.
« Peinture cruelle. Est-elle juste ? Si l’on veut l’appliquer aux gens pour les juger, sûrement pas. Mais, dans son excès possible, ne dit-elle pas une menace réelle ? Ne dit-elle pas la pente dangereuse d’une conception de la perfection qui finalement oublie et Dieu et l’homme au profit de son grand fantasme ? Mais il faut bien que ce fantasme ait des motifs, tout de même ! En effet, il en a. Il donne à l’homme le sentiment qu’il peut atteindre le but, l’accomplissement, la vie, la vie éternelle, en faisant l’économie et de la vérité, et de l’autre. Car la vérité me déloge de ce rêve, elle me renvoie à ce que je préférerais ne pas savoir de moi. Et l’autre m’enlève de cette place : car il me signifie que la vraie vie est dans la relation, dans l’amour et son épreuve, et non dans la poursuite idéale de mon idéal. » Maurice Bellet.
16 avril 2009
Hallucinant ! ! !
Les fêtes sont l’occasion au grès des rassemblements familiaux de découvrir de nouvelles paroisses, de nouvelles communautés … C’est ainsi que je me suis rendu en famille à la célébration du Dimanche de Pâques dans une paroisse de l’Ain. Ces visites ont le mérite de nous permettre d’expérimenter, de constater, ce que devient l’Eglise catholique … de quelle manière elle tend à célébrer, fêter, ce Dieu qui s’est fait homme par Jésus se mêlant à nos affaires humaines. Enfin fêter ... ? C’est ce que je pensais vivre en mettant mes pieds dans cette église comble, fêter le Christ ressuscité. Je ne prétends pas que nous aurions tous pu prendre une gueule de ressuscité et faire vibrer quelque chose en nous de l’ordre de la joie, de la vie, qui n’en finit pas de nous étonner ! Mais quand même sentir, entrevoir, un peu de cette lumière joyeuse de Pâques ...
Il n’en aura rien été … et j’ai encore bien du mal à m’en remettre. J’ai beau savoir que ça existe, que ça s’étend, que ça se multiplie … Je ne m’y fais pas.
Nous avons eu droit à la totale : je veux dire à la messe traditionnaliste. Je pense que celle-ci pourrait être élevée au rang de modèle par les puristes, un exemple ! Passons sur les nombreux morceaux choisis en latin, sur l’encens à en prendre une crise d’asthme, sur ce curé incapable de se déplacer sans ses acolytes de tout âges –futurs servants de l’Eglise catholique -, et vl’a que ça processionne, qu’on tourne autour de l’autel de génuflexion en génuflexion. Il aura bien fallu une vingtaine d’enfants pour porter la vaisselle qu’aura nécessité cette Eucharistie. Passons et même pourquoi pas … c’est dire mon ouverture d’esprit. J’aime le latin pour l’avoir pratiqué du Collège à l’Université, j’aime le latin parce qu’il permet de donner une épaisseur, une histoire, à notre langue. J’aime l’encens et j’aime les enfants qui vont au catéchisme et qui participent à la messe du Dimanche, j’aime la liturgie qui prend soin d’elle, j’aime les symboles … Passons.
Il y a par ailleurs un certain nombre de choses qui ne passent pas et qui ne passeront pas par moi. Nous avons eu droit à une heure et demie de messe de Pâques complètement centrée sur le « saint sacrement de l’Eucharistie » Et là aussi ce fut la totale, des premiers aux derniers mots !
Méritocratie pour recevoir la Communion. Il y a ceux qui peuvent et ceux qui ne pourront pas. Discours sur la pénitence comme voie de salut, rappel répété à la confession pour être digne de recevoir la Communion. Un discours pesant sur la pureté, la purification, autour du corps du Christ qui n’aura pas connu la corruption, la putréfaction … Un discours effrayant sur l’autel du « saint sacrifice » qui n’aura jamais aussi bien porté son nom : images sanglantes du corps du Christ disloqué, martyrisé, sanguinolent … Un discours sur la résurrection du Christ complètement limitée à la résurrection de Jésus en hostie ! Et nous avons eu droit à une recette hallucinante des hosties : pureté des matières, de la fabrication, cuisson au feu de la mort … C’est sûr qu’il y a de quoi tombé en adoration ! C’est sûr qu’après nous ne verrons plus l’hostie de la même manière. Dissociation entre les clercs et le peuple avec des lapsus, des hésitations … afin de bien remettre le peuple des fidèles à sa place dans les méandres du monde et le prêtre à la sienne, aux marches du Royaume. Quasiment aucune allusion aux lectures des Ecritures, aucune à l’Evangile du jour, une allusion à la lecture de Saint Paul pour des histoires de corruptions et de purification … encore une fois. Aucune allusion au monde dans lequel nous vivons, une insistance sur l’Eglise institutionnelle, hiérarchique, sur Benoît XVI … Pas de gestes fraternels, pas de signes de paix …
J’arrête ici la critique : ce n’est pas un exercice que j’apprécie particulièrement. On me dira que je n’ai qu’à choisir mes lieux de célébration : c’est déjà fait. Mais il y a des discours qui sont dangereux et faux voire mensongers, que l’on ne peut laisser sans réponse, même à l’intérieur d’une église. Cela est fait pour ce jour. Qu’ils célèbrent comme ils l’entendent mais il y avait là quelque chose de malsain, quelque chose qui touche à notre humanité commune, qui touche l’esprit des hommes et qui ressemblait à de l’obscurantisme …
10 avril 2009
Cadeau pour Katia
J'ai tout de suite pensé à toi en découvrant cette vidéo, à toi qui es si loin, à toi qui aimes par dessus les frontières. Tu manques à Lyon : gitane voyante dans la fumée urbaine, amoureuse aventurière, petite souris de laboratoire qui cherche, qui cherche ... Il reste un peu moins de six mois ... Alors en atendant on continue à se jouer des frontières et des océans.
03 avril 2009
En ombre et lumière
Ecrire dans la fatigue d'une journée est décidément un exercice que je ne sais pas faire. Je suis admiratif de ceux et celles qui se tiennent à l'ouvrage, chaque jour sur le métier ... Admiratif des écrivains qui se tiennent à leur table dans l'aridité ou l'abondance, qui ont su imposer et s'imposer des lieux et des temps à eux, une discipline. Ils se lèvent trés tôt, se couchent tard, veillent ... se retirent au coeur de la journée dans leur chambre noir. Les écrivains ont des manies, des trucs, des habitudes, des rites ... Le travail de l'esprit n'est pas différent des autres travaux même si l'esprit travaille tout au long de nos journées et de nos nuits. Il faut bien à un moment se retirer, faire taire les sollicitations, rassembler et ordonner tout ce que nous collectons au fil des heures, au fil des jours ... Je sais bien que quelques-uns parviennent en quelques minutes à faire des merveilles sur le coin d'une table avec des casseroles sur le feu. Je ne suis pas de ceux-là : j'ai l'encre lourde, laborieuse, j'ai la parole grave ... trop sans doute. Un versant abrupte d'austérité ...
Un versant abrupte d'austérité ? ? ? Oui, s'il y a un autre versant ruisselant de lumière, palpitant des plaisirs de la vie, recueillant et captant les eaux torrentielles, touchant à l'ivresse.
Alors je gribouille, brouillonne, note, annote, sans jamais trouver la légèreté de poster et de pou-blier, il faut dire que je connais le poids d'une lettre à force de les porter, les transporter, les distribuer ... de tournées en tournées. Le Facteur Cheval rapportait de ses tournées des pierres pour en faire un palais : 33 ans d'obstination pour réaliser son rêve ... Et moi, qu'est-ce que je rapporte dans mes sacoches de facteurs ?
Quel est ce palais qui se construit dans l'ombre de cette vie de pleine lumière ?
15 octobre 2008
Service et contentement
Voilà le temps des vacances et avec lui le temps des mots … le temps de remettre un peu d’encre sur la plume, le temps d’ancrer à nouveau le bateau ivre sur la mer tourmentée du monde, le temps d’ouvrir les livres, le Livre, les Ecritures … le temps de répondre aux appels, à l’absence, au manque … Ca n’avance pas, ça ne bave plus … le buvard a soif …
Hier Chem’Verts, vers, vers … ou comment éveiller le désir dans l’écho du temps présent, comment rêver un ailleurs et autrement dans l’ici et le même … Comment avancer, bousculer, inventer … sans trop brouiller les cartes et les esprits ?
Il était une fois comme un roi qui mariait son fils … S’ensuit évidemment l’étape des invitations … Que serait une noce sans invité ? (Matthieu 22 ; 1-14)
Télescopage des mots et de la vie qui va, résonnait en moi un verbe qui n’a rien d’enthousiasmant : « se contenter ». Vient à l’esprit la vie médiocre de ceux qui ont renoncé, le vivre-petit de ceux qui ont abandonné les rêves et fermé la porte au mouvement de la vie.
Mais est-il possible de lire les Evangiles en refusant de se contenter, en refusant ce modeste point de vue, cette humble ligne de vie … celle du serviteur ? Dans cette histoire, il y aura trois vagues de serviteurs chargés de l’invitation et uniquement de cette invitation. Le reste de l’histoire qui est une autre affaire est prise en charge par d’autres personnages : le roi, les troupes, les valets.
Les serviteurs, les envoyés, ont en charge une modeste mais si nécessaire partie de la noce. Celle de sillonner le royaume, d’annoncer, celle d’aller à la rencontre, de se placer au départ et à la sortie des chemins, à la croisée des routes, celle de cheminer et –en cours- d’inviter, de rassembler. Charge ingrate, aléatoire, parfois risquée, dangereuse, infructueuse, qui conduit à la confrontation, à l’indifférence, au refus, à la violence mais charge passionnante de rassemblement des hommes pour la fête des noces, autour des tables du banquet, charge qui porte du fruit, qui réussit, charge que les hommes attendent dans l’effort solitaire du chemin à tenir … Le semeur sème à tout vent, les serviteurs invitent à tour de bras : les soi-disant bons et les soi-disant mauvais, les présupposés invités et les présupposés « inintéressés » … Le reste est affaire de justice et ce n’est pas leurs affaires !
Apprendre donc à se contenter de cette ligne de vie qui est pourtant loin d’être rien. A vouloir trop faire ou à ne pas vouloir faire peu, on finit par ne rien faire. Œuvrer, creuser sa veine, entre impuissance et toute puissance … est un juste chemin qui se joue au jour le jour et qui se découvre peu à peu …
24 juin 2008
Au raz des pâquerettes
Que chacun fasse son travail avec correction … et le monde tournera un peu mieux … au raz des pâquerettes. Au raz des pâquerettes car c’est bien ici que nous pouvons faire nos affaires, c’est bien ici que nous pouvons cent fois repasser l’ouvrage sur le métier, c’est bien ici que nous vivons et que nous mourrons. A chacun sa fonction, sa charge, son métier, sa tâche … A chacun de tenir cette place avec cœur, rigueur, humilité … Austérité ? Par caractère peut-être, mais c’est bien ici que le monde est beau, que les peaux frissonnent, que le vin chante …
16 juin 2008
Désaltérant ...
Voilà de quoi continuer à lire ! Voilà qui mérite un petit écriteau … histoire de continuer à repérer le terrain … Une année s’achève avec les pas gagnés … et les pas perdus, ceux qui résistent, ceux qui préparent le chemin de demain.
Marque-page entre les chapitres 6 et 7 de l’Evangile de Marc … histoire de garder le livre ouvert et de reprendre la lecture, toujours. Ne fermez pas le Livre ! Mais encore moins le sens ! Laissez le courir, laissez le se renouveler !
« Seigneur,
et les petits chiens sous la table
mangent des miettes des enfants »
Je suis très heureux de cette lecture, avec toi, avec vous, laborieuse, brouillonne, humble, terre à terre, comme ces miettes de pain sur le carrelage de nos maisons … et si consistante, si douce, si chaleureuse … comme un morceau de pain dans la bouche d’un enfant.
Je crois que c’est cela qui a pris corps cette année : ce retour à la terre, au concret de nos vies, au cœur de nos maisons, quand les illusions tombent.
Merci pour ce flacon … couleur d’or, d’ambre, de glèbe, de graisse … Il faut bien tout ça pour continuer la route … je veux dire tout ces petits mots, ces petits gestes, qui rendent la vie un peu plus belle …

